Selosse Marc-André

Marc-André SELOSSE est une grande figure du Muséum national d’histoire naturelle à Paris (et des universités de Gdansk en Pologne et Kunming en Chine), où il dirige des équipes de recherche. Il a enseigné à Viçosa (Brésil) et est chargé de cours à l’ENS, Science Po et HEC. Ses travaux portent sur l’écologie et l’évolution des associations à bénéfices mutuels (symbioses). Mycologue et
botaniste, il travaille en particulier sur les symbioses mycorhiziennes qui unissent des champignons du sol aux racines des plantes.

En dédicace

(détails des horaires prochainement)

de la biodiversité comme un humanisme

Éditions seuil

« La biodiversité est le patrimoine de milliards d’années d’évolution, prêt à nous soutenir. Hélas, nous sommes moins tatillons pour sa protection que pour celle du patrimoine culturel, pourtant plus récent et plus remplaçable à l’échelle humaine. Si un aménagement met en péril la biodiversité, il faut dans l’ordre « éviter, réduire ou compenser » les impacts. Acceptée en dernier lieu, la compensation remplace ce qui a été détruit par des aménagements écologiques équivalents. Mais… nul ne penserait à détruire puis « compenser » Versailles ou le Taj Mahal, si une autoroute venait à passer par-là ! Négligence bizarre, car la biodiversité nous entoure et nous sert, ordinaire et quotidienne. Ouvrez votre frigo, ou visitez un supermarché, et comptez les espèces, y compris celles des emballages ! Inspectez votre vêture qui mêle coton, mouton, boeuf, voire ver à soie ou nacre de coquillage. Voyez « non seulement […] ce qui nous touche, mais encore de ce que nous sommes » : tout clame une biodiversité indispensable[…]
Soigner le vivant autour de soi est une attitude de père de famille, car le résultat sera local et transmissible. À l’inverse des problèmes globaux, comme le climat, qui dépendent aussi des pratiques de nos voisins, soigner la biodiversité alentour permet de la conserver localement et de la transmettre aux suivants. L’alternative, si nous continuons à la saboter, condamne nos vieux jours et nos descendants à des friches industrielles invivables : le péril, lui aussi, est local. »